Encore de nouveaux projets!

Salut à tous!

En ce lendemain de première neige, prenons un instant pour jaser de choses (vaguement) plus spirituelles (c’est que c’est ennuyeux, à la longue, tout ce concret!).

Être travailleur autonome, c’est être constamment à la merci du doute et du stress financier. Je dis stress financier car c’est le plus évident, mais un téléphone qui ne sonne pas pendant trop longtemps, ça joue aussi sur la confiance en soi. Je pense que le métier que j’exerce est particulièrement vicieux à ce niveau. Imaginez un bistro dont le propriétaire observe les chiffres décevants du dernier trimestre. Bien que l’inquiétude puisse s’installer, à tous les jours, des clients vont rentrer dans son établissement et en ressortir satisfaits. Peut-être pas tous, et peut-être pas en aussi grand nombre qu’il y a quelques temps, mais il y a une constance, un mouvement perpetuel de base, sauf dans d’extrêmes cas, évidemment. Dans mon cas, pas de client, c’est pas de client. Ce sont des semaines sans appel, sans aucun projet en tête, sans stimulation.

N’allez pas croire ici que je me plains: j’ai travaillé en restauration et je connais (bien que superficiellement) les défis immenses qu’affrontent les entrepreneurs dans ce domaine ingrât. Je me connais et sais très bien que ce sont des challenges que je ne pourrais personnellement pas relever; j’en profite d’ailleurs pour saluer mes amis restaurateurs 🙂 Mon métier fitte pas pire avec mon caractère, et, jusqu’à date, j’ai été en mesure d’apprécier les défis qui se sont présentés à moi.

Je n’ai besoin, personnellement, que de trois à cinq projets par année pour survivre, dépendamment de leur ampleur. Vous pouvez donc vous imaginer le feeling que je ressens à la signature d’un contrat. À chaque fois, c’est un soulagement, une forte vague de motivation, et surtout un nouvel espace mental qui se crée. Une fois un projet lancé, je vais parfois (ma blonde dirait régulièrement) me réveiller vers deux-trois heures du matin et concevoir, couché dans mon lit, un assemblage du projet en question. J’en fais alors un plan mental et le laisse dans cet espace. De temps en temps, j’ouvre ce tiroir et j’assemble ces croquis intangibles sur un fichier Sketchup en trois dimensions. Je dois absolument laisser une partie de la création (on pourrait appeler ça de la résolution de problème) à mon subconscient, ou à mon intuition. Généralement, ces solutions nocturnes sont imparfaites, elles ne sont pas globales, elles ne tiennent pas compte de toutes les contraintes… mais elles forment la base de mes designs.

En ce moment, ma tête est pleine. En plus des deux projets dont je vous ai parlé récemment, j’ai entrepris la fabrication d’une galerie pour notre maison, et je viens de signer un contrat très intéressant pour cet hiver. Ça fait beaucoup de choses à gérer en même temps, et, évidemment, les projets qui seront réalisés en premier prennent plus de place dans ma tête.

Premièrement, la galerie que je viens tout juste de commencer à fabriquer. Vous pouvez noter le joli crépis de chaux que nous avons appliqué cet été sur la maison de chanvre. Plusieurs amis ont participé à la corvée, je les remercie encore!

 

Je me dois de la terminer avant la neige… pas le pouce et quart d’hier, avant la vraie neige, celle qui colle et qui rentre dans les bottes. L’entreprise de tailler des assemblages en mitaine est un supplice qui ne m’excite pas trop.

Pour l’instant, ça va toujours.

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Pour les journées trop froides, j’ai du petit boulot d’entretien, comme ce manche de ciseau qui, tranquilement, rend l’âme.

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Quelques coups de plus et c’est fini 😦

L’autre projet, lui, sera monté au printemps à Lévis, mais la charpente étant en bois sec (youpi), je vais la tailler cet hiver en atelier. Les plans primaires sont faits, le bois est commandé, c’est vraiment merveilleux.

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Comme je vous le disais au début, c’est pas toujours évident d’être travailleur autonome, qui plus est artisan idéaliste. Certains vont attaquer le problème avec discipline et rigueur exemplaires; je les envie vraiment. Mon caractère à moi m’incite à approcher les variables du métier (et de la vie!) avec une espèce de souplesse psychologique, communément appelée « capacité d’adaptation ». C’est un peu effrayant et déstabilisant, mais ça permet de garder un esprit ouvert.

Bref, après un long silence radio, j’ai tout plein de super projets à réaliser. Jusqu’à maintenant, chaque passage à vide, chaque « entre-projet » un peu trop long, m’aura permis de flirter avec le doute, sans toutefois me laisser le temps de m’y perdre. Très sincèrement, quelle chance!

2 commentaires sur “Encore de nouveaux projets!

  1. C’est important que son travail fasse sens. À partir de là, c’est plus facile de s’accommoder dans les moments plus difficile, il me semble.
    En regardant la charpente de ce bâtiment de Lévis, ce toit juché sur 3 échelles :), je me demande bien quel peut être sa fonction!
    Le crépi de chaux, ça c’est vraiment tripant à faire. Et j’ai aimé encore plus faire des enduits d’argile!
    Bonnes nuits, pleines de plans!!

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    1. Salut Thierry! Désolé pour le retard dans la réponse, j’ai des ennuis avec wordpress, je m’y perd et je ne vois pas quand des commentaires sont publiés. Merci de passer me lire, ça me fait plaisir. Le projet de Lévis sert à couvrir quatre bassins d’eau chaude. C’est vraiment un projet très axé sur l’esthétique. Le toit va également prolonger la durée de vie des bassins (qui, je crois, sont en bois), et le tout doit s’intégrer dans une ambiance zen-japonaise-détente… C’est du bonbon pour moi! 🙂 Au plaisir!

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