Dessinons une érablière

 

La semaine dernière, je vous ai présenté les premières esquisses de ce super projet d’érablière… mais depuis, j’ai tout refait.

Le client, lors de notre première rencontre, m’a remis les plans du projet, en m’indiquant ce qui pouvait être modifié et ce qui ne pouvait l’être. Je garde donc la forme générale, un élément de charpente (la ferme de toit traditionnelle), l’emplacement et la taille des ouvertures, la mezzanine (pour stocker l’eau!), et quelques autres détails.

La forme, est constituée de deux structures à toits deux pentes, une à la suite de l’autre, de dimensions différentes mais qui partagent un pan de toit. J’aime bien ce que ça donne, et tout cela a été bien pensé à la base, je ne chercherai pas à modifier cette contrainte.

Pour me simplifier la tâche, j’ai décidé de ne commencer que par la plus grosse structure, celle de l’érablière, celle qui sera murée en bois, et qui possède la charpente la plus imposante. C’est elle qui doit dicter l’esthétique de l’autre.

Version21

 

Rappel :

un poteau est une pièce de soutien verticale, une poutre est une pièce                                    horizontale.

-une poutre sablière est poutre au haut d’un mur qui reçoit la charpente du toit.

La structure du bas reste très simple. Quatre poutres périmétriques sont soutenues par quelques poteaux. Une cinquième poutre traverse le bâtiment environ au deux tiers de l’espace pour créer la mezzanine. Elle est soutenue à son milieu car le poids des barils d’eau sera important. Cette poutre, ainsi que les deux autres qui lui sont parallèles à chaque extrémité du bâtiment, servent de « barrures » pour la charpente. Normalement, j’utilise pour ce faire des poutres courbes massives qui passent par dessus les sablières des longs côtés. Cette fois-ci, les pièces sont droites et entrent sous les sablières, directement dans les poteaux via des tenons et mortaises massifs (on voit sur le dessin les tenons qui dépassent).

Ces assemblages-là sont donc des points vitaux de la structure. Ils devront être conçus pour résister à l’ouverture du bâtiment, force tranquille mais bien réelle: c’est avec l’accumulation (sur plusieurs décennies) des vents, du poids de la toiture et de la neige, du bois qui sèche et parfois faiblit qu’elle parvient parfois à se révéler. Les longs murs alors s’affaissent latéralement, et on peut voir la ligne du faîte qui perd sa droiture. C’est pas élégant, et ça peut même être structurellement grave. Surtout, une fois le mal fait, c’est extrêmement complexe à réparer sans avoir recours à des techniques modernes (câbles, boulons, plaques d’acier) qui jureront avec les assemblages artisanaux.

Anyways.

Version22

Le toit sur lequel je travaille actuellement est un système de fermes simples avec pannes. Les fermes sont les assemblages de pièces qui forment des triangles (donc qui créent la forme du toit), et les pannes sont les longues poutres horizontales qui traversent les fermes d’un bout à l’autre du bâtiment.

Version23

Je pourrais, par dessus ces pannes, rajouter de petits chevrons, mais les dimensions humbles du bâtiment me permettent de sauter cette étape : de larges et massives planches sont posées directement sur les pannes, et jouent à la fois le rôle des chevrons et du revêtement de plafond.

Viens par dessus tout cela une membrane étanche (non représentée sur le dessin), un croisement de forences qui permettra l’écoulement de l’eau de condensation tout en supportant la tôle, puis des fascias de finition sur chaque façade.

Voilà où j’en suis pour l’instant. Mon plus gros défi maintenant, c’est d’aller marier à tout cela la charpente de la galerie, de façon naturelle, esthétique et simple à assembler. J’espère trouver une solution satisfaisante à vous présenter la semaine prochaine.

Merci de votre lecture!

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