Sur la table…

Ouf, ça fait un bail!

Marier écriture et travail manuel, c’est agréable et équilibré, mais c’est aussi beaucoup, visiblement 🙂

J’ai, depuis ma dernière entrée ici, complété un petit pavillon en pruche pour un copain (que je vous présenterai dans les prochains temps), travaillé sur quelques projets qui n’avaient pas grand chose à voir avec la charpente, et entrepris des démarches de design pour deux gros chantiers, qui seront réalisés en 2018 et 2019.

Le premier consiste à fabriquer une cabane à sucre en pruche verte sur une grande fermette. J’ai réalisé un premier jet rapide pour le présenter aux clients, et maintenant que nous savons que le projet va de l’avant, je vais me repencher sur mon dessin. On travaille avec une forme très simple et traditionnelle, mais je veux proposer à mes clients différents modèles de charpentes aux esthétiques et styles variées. Il est question de fabriquer, suite à ce projet, une grange sur le terrain, et je souhaite que tous les bâtiments aient une connexion au niveau du design.

Je réalise en me mettant au boulot que j’ai maintenant un style à moi, acquis tranquillement au fil de mes projets, qui se définit de mieux en mieux. Je n’ai pas l’impression, à priori, que ce style-là, un peu japonais, assez carré, soit le « fit » idéal pour une bonne vieille cabane à sucre québécoise, mais je vais tout de même tenter de dessiner cette charpente-là selon mes goûts personnels et mes habitudes de design. Je pense qu’il serait intéressant de profiter du projet pour essayer quelque chose que je connais moins, possiblement la charpente à l’anglaise, qui, théoriquement, est la source (parfois lointaine) du timber frame américain moderne.

1
Le premier jet. La partie de droite, utilitaire, sera fermée, celle de gauche aura un toit et servira de galerie.

Voici ce qu’il y a à noter de ce premier jet:

1- Les deux sections sont indépendantes. Au lieu de construire une structure que devra découper notre revêtement et nos finitions, je préfère monter le bâtiment principal, poser son enveloppe aisément et rapidement, puis monter la galerie. Cela permet d’éviter un bon nombre de casse-têtes et permettra de présenter une structure complète visible à l’intérieur comme à l’extérieur. Cela implique évidemment une petite redondance quand on observe le plan de charpente à nu, mais au final, je crois qu’on s’en tirera pour le mieux.

2- Il n’y a pas de faîtière! Comme vous pouvez bien l’observer dans la section de la galerie, les chevrons, au lieu de s’appuyer dans le haut sur une pièce de bois qui longe le sommet de la structure, s’accotent les uns contre les autres (via des tenons-mortaises). Une charpente du genre n’est pas nécessairement moins solide, elle travaille simplement différemment. La très, très grande majorité des vieilles charpentes québécoises n’a pas de faîtière. Certaines se sont affaissées, certaines sont restées bien droites. Le nerf de la guerre, c’est de comprendre comment les charges seront appliquées, et de bien barrer la structure en conséquence. À l’exception des petites bases de fours à pain que j’ai réalisées pour Terra Kama, je n’ai jamais fait de structure du genre. C’était une idée intuitive, on verra bien si elle tient jusqu’à la fin!

3- Tout le contreventement se fait par des jambes de forces. J’essaie normalement d’éviter leur utilisation, mais les clients y tiennent, c’est l’esthétique qu’ils cherchent, et je suis bien d’accord qu’ils ont leur place dans une érablière. J’aimerais trouver une façon de leur donner une allure plus vivante, soit en les courbant à la main, soit en utilisant des pièces de bois un peu tordues, un peu dans la tradition européenne.

D’ailleurs, le client souhaite avoir une shed à bois à côté de la cabane à sucre, en voici un premier jet.

Shed à bois

En voici une version avec un petit toit de plus vers l’avant.

Shed à boisdeuxpentes

Bref, il y a du boulot devant moi, et je publierai ici les grandes étapes de design en vous expliquant mon parcours. Quant à l’autre projet, bien différent et tout aussi passionnant (c’est en béton de chanvre!) qui est dû pour 2019, je vous le présenterai plus tard cet automne.

Merci de votre lecture, je suis curieux de lire vos commentaires sur les dessins, n’hésitez pas à les partager!