Outillage, suite

En attendant les photos du pavillon qui viendront, je l’espère, très bientôt, je vous propose de continuer cette semaine la présentation des outils que j’utilise pour la fabrication de charpentes. Je vous avais présenté il y a quelques semaines les outils de coupe, et je vais tenter aujourd’hui de faire le tour des instruments de traçage de base, en commençant par l’équerre.

IMG_3994
Je n’utilise jamais l’équerre pour mesurer. Sa trop grande épaisseur empêche toute précision, et elle serait trop encombrante à utiliser comme règle.

Une équerre est une pièce (de bois ou de métal) en L dont les côtés sont parfaitement perpendiculaire (à 90 degrés). C’est un outil simple, que l’on peut construire en quelques minutes si nécessaire, mais dont la précision est absolument cruciale. Une équerre pas d’équerre, même d’une fraction de degré, ça signifie l’impossibilité de faire des assemblages parfaits. J’utilise une équerre occidentale, trop lourde et pas assez flexible, mais solide et très précise, car je n’ai jamais appris à maîtriser l’équerre japonaise, élégante et légère. Je pense qu’après un certain nombre d’années à travailler avec les mêmes outils, vaut mieux apprendre à apprécier et pousser notre maîtrise que d’essayer de changer de technique. Il existe toujours mieux ailleurs, mais quand on change, même pour mieux, on fait parfois un énorme pas en arrière.

Cet important angle à 90 degrés nous sert donc de troisième référence  lors du traçage des assemblages.  Pourquoi troisième? Eh bien, c’est beau de tracer une ligne à 90 degré… mais par rapport à quoi? Dans mon cas, à une ligne droite sur chaque face de chaque pièce, tracée au cordeau, dont la version japonaise se nomme…

…sumitsubo.

IMG_3997

Ce magnifique outil sculpté est constitué d’une roue autour de laquelle est enroulé un fil très fin, et d’un corps creusé servant de bassin humide au travers duquel le fil vient s’imbiber d’encre naturelle. Au bout du fil, un simple poinçon est planté dans le bois. La corde est tendue entre deux références préalablement mesurées, elle est pincée puis fouettée contre la face du bois, marquant ainsi une ligne parfaitement droite : notre deuxième référence. Au Japon, le sumitsubo est également utilisé comme fil à plomb. En barrant la rotation de la roue, on peut le suspendre et aller confirmer ou marquer des références dans une verticale parfaite.

Mais cette ligne d’encre droite, où est-ce qu’on la tire? Qu’est-ce qui nous en indique les extrémités? C’est le niveau à bulle.

IMG_4002

C’est dans cette étape que se crée le système de traçage que j’utilise. Il s’agit, au bout de chaque pièce de bois, d’aller choisir des mesures de références et de les tracer au niveau. En utilisant le niveau, on s’assure que nos traits, bien qu’à 16 pieds l’un de l’autres, bien qu’écrits sur des poutres croches, tordues, mal équarries, fendues ou bombées… seront parallèles. Ce sont nos premières références, à partir desquelles sont tirées les deuxièmes au sumitsubo, les troisièmes à l’équerre, et les autres au réglet, au compas, ou avec toute autre technique dépendamment de l’assemblage à tailler.

Les dernières semaines furent très chargées, plusieurs soumissions à remplir, quelques petits projets complétés, des allers et retours au chantier du pavillon… les prochains mois s’annoncent plutôt riches!

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui! Merci de votre visite et n’hésitez pas à poser vos questions/laisser un commentaire!

Un commentaire sur “Outillage, suite

Les commentaires sont fermés.